N° 232
du 16/07/2001

OUA / UA (Union Africaine)


Beaucoup d'interrogations
sur le fonctionnement de la future Union africaine

Comment passer de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) à l'Union africaine (UA) ? Légalement depuis le 26 mai dernier l'OUA, créée en 1963, n'existe même plus. A cette date, l'acte constitutif de l'Union Africaine signé à Lomé le 11 juillet 2000 par 53 pays du continent et proclamé début mars à Syrte (Libye), est entré en vigueur. Le traité de l'UA ne donne qu'un cadre juridique, mais sans définir réellement les pouvoirs supranationaux de la nouvelle organisation. Le Traité est une sorte d'"Acte unique", car il remplace la Charte de l'OUA et introduit la dynamique du traité d'Abuja (1991) qui a créé la Communauté Economique Africaine, mais sans annuler le Traité.
Les organes de l'OUA perdureront tant que les pays membres n'auront pas mis en place les nouvelles institutions.
Une période de transition entre OUA et UA, dont la durée n'a pas encore été déterminée - elle ne devrait cependant pas excéder deux ans - est prévue. Cette période de transition doit permettre de mettre en place les instances de l'Union.
Calquée sur le modèle de l'Union européenne, l'Union africaine doit être dotée d'une Commission, d'un Conseil des ministres, d'un Parlement, d'une Banque centrale, d'un Fonds monétaire et d'une Cour de justice. Bien des questions restent en suspens sur la manière dont fonctionneront ces institutions et sur les hommes qui les dirigeront. Ainsi, il n'a pas encore été clairement défini qui serait le futur président de la Commission africaine, comment sera-t-il "élu" ou "désigné" et quel seront ses attributions et ses pouvoirs. Rien n'indique que ce sera le nouveau secrétaire général de l'OUA qui a été élu par les chefs d'Etat à Lusaka, d'autant que dans la délégation libyenne, on laissait clairement entendre que l'on se contentait d'Amara Essy pour un an mais pas plus.
Par ailleurs, seuls dix Etats ont signé le protocole pour l'établissement d'un Parlement panafricain.
De plus, les innombrables conflits qui déchirent le continent risquent d'hypothéquer l'avenir de l'UA, avant même qu'elle n'ait vu le jour. Une inquiétude dont le secrétaire général sortant de l'OUA, Ahmed Salim Ahmed a lui même tenu à faire part en ouvrant les travaux du Conseil des ministres.
L'UA, dans le domaine économique se donne comme objectif ultime la création d'un grand marché unique africain.
Autre problème non résolu : comment financer l'UA et ses institutions alors que l'actuelle OUA ne perçoit même pas la totalité des cotisations de ses pays membres. Une seule piste pour l'instant, venue de la société civile et des ONG qui ont proposé que l'UA soit financée par une "taxe" de 10 dollars US dont tout étranger se rendant en Afrique, où tout Africain retournant chez lui, devrait s'acquitter.


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