- Comment passer de
l'Organisation de l'unité africaine (OUA) à
l'Union africaine (UA) ? Légalement depuis le 26
mai dernier l'OUA, créée en 1963, n'existe
même plus. A cette date, l'acte constitutif de
l'Union Africaine signé à Lomé le 11
juillet 2000 par 53 pays du continent et proclamé
début mars à Syrte (Libye), est
entré en vigueur. Le traité de l'UA ne
donne qu'un cadre juridique, mais sans définir
réellement les pouvoirs supranationaux de la
nouvelle organisation. Le Traité est une sorte
d'"Acte unique", car il remplace la Charte de l'OUA et
introduit la dynamique du traité d'Abuja (1991)
qui a créé la Communauté Economique
Africaine, mais sans annuler le Traité.
- Les organes de l'OUA perdureront tant que les pays
membres n'auront pas mis en place les nouvelles
institutions.
- Une période de transition entre OUA et UA,
dont la durée n'a pas encore été
déterminée - elle ne devrait cependant pas
excéder deux ans - est prévue. Cette
période de transition doit permettre de mettre en
place les instances de l'Union.
- Calquée sur le modèle de l'Union
européenne, l'Union africaine doit être
dotée d'une Commission, d'un Conseil des
ministres, d'un Parlement, d'une Banque centrale, d'un
Fonds monétaire et d'une Cour de justice. Bien des
questions restent en suspens sur la manière dont
fonctionneront ces institutions et sur les hommes qui les
dirigeront. Ainsi, il n'a pas encore été
clairement défini qui serait le futur
président de la Commission africaine, comment
sera-t-il "élu" ou "désigné" et quel
seront ses attributions et ses pouvoirs. Rien n'indique
que ce sera le nouveau secrétaire
général de l'OUA qui a été
élu par les chefs d'Etat à Lusaka, d'autant
que dans la délégation libyenne, on
laissait clairement entendre que l'on se contentait
d'Amara Essy pour un an mais pas plus.
- Par ailleurs, seuls dix Etats ont signé le
protocole pour l'établissement d'un Parlement
panafricain.
- De plus, les innombrables conflits qui
déchirent le continent risquent
d'hypothéquer l'avenir de l'UA, avant même
qu'elle n'ait vu le jour. Une inquiétude dont le
secrétaire général sortant de l'OUA,
Ahmed Salim Ahmed a lui même tenu à faire
part en ouvrant les travaux du Conseil des ministres.
- L'UA, dans le domaine économique se donne
comme objectif ultime la création d'un grand
marché unique africain.
- Autre problème non résolu : comment
financer l'UA et ses institutions alors que l'actuelle
OUA ne perçoit même pas la totalité
des cotisations de ses pays membres. Une seule piste pour
l'instant, venue de la société civile et
des ONG qui ont proposé que l'UA soit
financée par une "taxe" de 10 dollars US dont tout
étranger se rendant en Afrique, où tout
Africain retournant chez lui, devrait s'acquitter.
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