- L'Organisation de
l'unité africaine (OUA), qui réunit son
37ème sommet ordinaire du 9 au 11 juillet à
Lusaka, a été fondée le 25 mai 1963
à Addis Abeba.
- Seul cadre de réunion et de dialogue de tous
les pays africains, l'OUA s'était donné
pour but d'encourager l'unité et la
solidarité de l'Afrique et d'éliminer du
continent toutes les formes de colonialisme. Elle n'a
cependant pas cessé d'être le
théâtre des antagonismes qui agitent, avec
plus ou moins de violence, les pays africains et reste
confrontée à une série de conflits
armés.
- Fondée à l'époque par trente
pays indépendants, l'organisation panafricaine
compte aujourd'hui 53 membres, y compris la
République arabe sahraouie démocratique
(RASD), dont l'admission contestée avait
provoqué le retrait du Maroc en 1984. L'OUA, qui
représente au total près de 800 millions
d'habitants, a son siège à Addis Abeba, la
capitale éthiopienne.
- L'OUA est régie par une charte, qui a
constitué en 1963 son acte de naissance. En 1964,
elle réaffirme le principe de
l'intangibilité des frontières,
héritées de la colonisation. Une charte
africaine des droits de l'Homme et des peuples,
adoptée en 1981, est entrée en vigueur en
1986.
- La Conférence des chefs d'Etat et de
gouvernement, son instance suprême, se
réunit une fois par an mais des sommets
extraordinaires peuvent être convoqués. Un
Conseil des ministres, un secrétariat
général, un organe central pour la
prévention et le règlement des conflits
complètent, avec de nombreuses commissions
spécialisées, ses institutions. Depuis
1989, son secrétaire général
était le Tanzanien, Salim Ahmed
Salim. Il a été remplacé
à Lusaka par l'Ivoirien Amara Essy.
- L'OUA avait condamné, lors de son 35ème
sommet en juillet 1999 à Alger, l'usage de la
force, menacé les auteurs de coups d'Etat
d'exclusion et exprimé sa volonté de
"rétablir la crédibilité de
l'Afrique et de ses institutions". Un principe que la
Libye aurait voulu voir atténuer selon certains
diplomates présents à Lusaka, arguant qu'il
y a des "bons" et des "mauvais" coups d'Etat. Devinez qui
est monté au créneau pour rejeter cette
idée et défendre la condamnation sans appel
de toute prise du pouvoir par la force ? Le ministre des
affaires étrangères du Tchad.
- L'organisation panafricaine a par ailleurs toujours
réaffirmé la "validité" et la
"pérennité" du principe de
l'intangibilité des frontières.
- Lors du dernier sommet, en juillet 2000 à
Lomé, les chefs d'Etat ont signé l'acte
constitutif de l'Union africaine qui a été
par la suite proclamée lors d'un sommet
extraordinaire, en mars à Syrte (Libye),
après un forcing du numéro un libyen, le
colonel Mouammar Kadhafi.
- L'Union africaine est officiellement née le 26
mai dernier, avec l'entrée en vigueur de son acte
constitutif.
- Le projet initial du numéro un libyen,
présenté dès septembre 1999,
était cependant plus ambitieux, à savoir la
création d'une fédération
rassemblant les 53 pays du continent, sous le nom des
"Etats-Unis d'Afrique". Ce projet a été
considérablement atténué au cours
des différents sommets, qui ont vu l'acte
constitutif de l'UA ratifié par les Etats membres
africains.
- Les principes de cette Union consacrent
"l'égalité, la souveraineté et
l'interdépendance des Etats", le "respect des
frontières", la "non ingérence" et
interdisent "d'user de la force ou de menacer de la force
un autre Etat membre". Ils condamnent et rejettent "les
changements de régime anticonstitutionnels".
- L'Union africaine sera dirigée par un "organe
suprême", la Conférence de l'Union, qui
regroupera les chefs d'Etat et de gouvernement. Elle
comprend un conseil exécutif formé des
ministres des Affaires étrangères ou
autres, selon les sujets traités. Les principaux
domaines de compétences du conseil exécutif
sont les suivants: commerce extérieur,
énergie, agriculture, transport et communication,
éducation, santé, culture, environnement et
science. L'Union africaine décidera
également des politiques concernant "la
nationalité, la résidence des
étrangers et l'immigration".
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