- Le sommet 37 ème
de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) qui
s'est tenu à Lusaka en Zambie du 9 au 11 juillet,
a consacré la transformation de l'OUA en Union
africaine (UA) bien qu'il reste encore beaucoup
d'incertitudes sur les modalités de fonctionnement
de cette nouvelle entité initiée par le
dirigeant libyen Mouammar Khadafi.
- L'Ivoirien Amara Essy, a
été élu secrétaire
général de la défunte OUA, pour un
mandat d'un an seulement au cours duquel il devra
s'atteler à codifier tous les points qui restent
en suspens afin que la nouvelle Union africaine devienne
véritablement opérationnelle après
le prochain sommet des chefs d'Etats africains
prévu en juillet 2002 en Afrique du Sud. Les
institutions de l'Union africaine sont en partie
calquées sur celles de l'Union européenne.
- Mouammar Khadafi, qui s'était opposé
à l'élection d'Amara Essy, a proposé
la création d'une présidence de la future
Union africaine qui aura son siège à un
endroit précis à partir duquel sera
dirigée l'UA. Le siège actuel est à
Addis Abeba.
- "Notre défi est maintenant d'appliquer les
décisions prises concernant l'UA", a
déclaré pour sa part le nouveau
président en exercice de l'OUA, le
président zambien Frederick Chiluba.
- Le secrétaire général de
l'ONU Kofi Annan ainsi que le président
zambien Frederick Chiluba, qui a pris le relais du
Togolais Gnassingbe Eyadema à la présidence
tournante de l'OUA, ont averti que l'UA risquait d'aller
dans le mur si l'Afrique n'arrivait pas à mettre
fin aux conflits qui la déchirent.
- Des conflits qui ont donné lieu à
plusieurs réunions, notamment la convocation par
M. Annan d'un "mini-sommet" sur la RD Congo
réunissant le président Joseph Kabila et le
président rwandais Paul Kagame qui soutient une
partie de la rébellion congolaise.
- Dans le domaine économique, le sommet de
Lusaka a adopté un programme de
développement intitulé "Initiative
africaine", synthèse de plans initialement
séparés, élaborés par le
président sud-africain Thabo Mbeki (Programme de
renaissance de l'Afrique pour le millénaire -
"MAP") et son homologue sénégalais
Abdoulaye Wade (plan "Omega"). Le document identifie des
"priorités immédiates", sur lesquels des
programmes doivent être
accélérés d'urgence avec des
partenaires de développement, mais aussi avec une
implication africaine renforcée: les maladies
transmissibles, le VIH-sida, le paludisme et la
tuberculose ; les technologies de l'information et de la
communication ; la réduction de la dette ;
l'accès aux marchés.
- L'IA, document stratégique dépourvu
à ce stade de chiffrage précis,
énumère des dizaines d'objectifs, à
court, moyen et long terme, en matière de
sécurité, mais aussi de croissance
économique, de réduction de l'endettement,
de développement humain, d'environnement et
d'infrastructures. L'IA préconise "un
Comité d'application" composé de chefs
d'Etats africains, se réunissant dès
juillet, la mise en place de commissions
ministérielles pour évaluer besoins et
chiffrages par secteurs, et d'une équipe
spéciale pour les programmes "prioritaires". Une
session spéciale est prévue en septembre
sur l'IA en marge de l'Assemblée
générale de l'ONU, puis aura lieu un sommet
de chefs d'Etats sur le financement de l'IA, en octobre
au Sénégal.
-
- Fidèle à ses vielles traditions
tiers-mondistes, l'OUA a adopté deux
résolutions de soutien aux gouvernements du
Zimbabwe et de l'Algérie qui
dénoncent les ingérences
étrangères dans les affaires
intérieures de ces deux pays. Un comité
spécial pour s'occuper de la crise des terres au
Zimbabwe, qui sera présidé par le Nigeria
et qui réunira l'Algérie, le Cameroun, le
Kenya, l'Afrique du Sud et la Zambie, devra d'agir en
coordination "avec le Zimbabwe, dans tous les forums
où la question de la terre est abordée".
- Enfin, toujours sur la plan politique, la question du
Sahara Occidental a resurgi lors de la
réunion des ministres des Affaires
étrangères. Le représentant de la
Gambie, soutenu par ceux du Sénégal, du
Burkina Faso et de la Guinée équatoriale, a
demandé que la question de l'admission du Maroc
à l'Union africaine soit inscrite à l'ordre
du jour du Conseil des ministres. Une demande à
laquelle se sont opposés plusieurs "poids lourds"
africains, Algérie, Nigeria et Afrique du Sud. Le
Maroc a quitté l'OUA le 12 novembre 1984, le jour
même où la République arabe sahraouie
démocratique (RASD) avait été admise
comme membre à part entière au sein de
l'organisation panafricaine.
- Le Maroc, par alliés interposés,
souhaitait aussi obtenir une résolution de soutien
au tout dernier plan du Conseil de sécurité
des Nations Unies qui éloigne un peu plus l'option
d'un référendum d'autodétermination
pour le peuple sahraoui. L'OUA n'a finalement rien dit
sur ce plan onusien.
- A propos des Comores, le Conseil des ministres
des Affaires étrangères a
décidé de lever les sanctions contre
Anjouan, île séparatiste de l'archipel des
Comores. Les sanctions de l'OUA avaient été
imposées après la décision
unilatérale d'Anjouan prise en août 1997 de
se détacher du reste de l'archipel et de proclamer
unilatéralement son "indépendance". Le
Conseil des ministres s'est prononcé sur la base
d'un rapport du secrétaire général
sortant de l'OUA, Salim Ahmed Salim, qui soulignait qu'en
dépit "de certains revers dans le processus de
réconciliation", il existe parallèlement
"des signes positifs" prouvant que "les parties
comoriennes font de réels efforts pour surmonter
et transcender leurs différences".
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