- Simple restructuration de lOrganisation de lunité africaine (OUA) ou véritable instrument de lutte contre la marginalisation du continent, lUnion africaine (UA) solennellement lancée à Durban, vise à accélérer le processus dintégration, un peu sur le modèle de lUnion européenne (UE).
Linspiration européenne est évidente, dans son acte constitutif, adopté à Lomé en 2000: il prévoit un Parlement, une Commission, une Banque centrale, un Fonds monétaire africain, une Banque africaine dinvestissement et une Cour de justice.
LUnion sera présidée par la conférence des chefs dEtat et de gouvernement, son organe suprême.
Tout comme lancienne Conférence des chefs dEtat de lOUA, elle adoptera le budget et mettra en oeuvre les politiques communes. Mais, à la différence de lancienne structure, les chefs dEtat décideront directement ces politiques, alors quils se bornaient souvent dans lOUA à approuver les recommandations de leurs ministres.
Autre nouveauté inscrite dans lActe de lUA, le droit dingérence: la conférence donnera le feu vert à lUnion pour intervenir dans un Etat membre dans certaines circonstances graves comme les crimes de guerre, les génocides et les crimes contre lhumanité.
Cet article rompt notamment avec la Charte de lOUA adoptée en 1963 et qui souligne les principes de non-ingérence et de respect de la souveraineté des Etats.
Nouveauté encore que lintroduction du contrôle de surveillance mutuelle (Peer Review Mechanism), lié au Nouveau Partenariat de développement africain (NEPAD), la stratégie continentale de développement et principale arme économique de lUA.
Ce mécanisme de surveillance mutuelle est censé exercer son droit de regard, voire de sanctions, en matière de bonne gouvernance et de transparence dans la gestion. Les Etats ny seront toutefois soumis que sur une base volontaire.
LUnion aura un Conseil exécutif, nouvelle dénomination pour léquivalent du Conseil des ministres de lOUA, et où siègeront les ministres des Affaires étrangères.
Le secrétariat général de lOUA laissera la place à la Commission, basée comme lui à Addis Abeba, et le secrétaire général au président de la Commission, élu comme lui par les chefs dEtat.
Mais la Commission sélargira, avec dix membres dont un président, un vice-président et huit Commissaires, et aura des pouvoirs exécutifs supérieurs au secrétariat-général de lOUA. Elle sera chargée de lapplication des programmes et décisions de lUnion.
De même enfin que lUnion européenne a son siège à Bruxelles et son Parlement à Strasbourg, le Parlement de lUA, une création de la nouvelle institution, devrait probablement siéger ailleurs quà Addis Abeba. La Libye a déjà fait acte de candidature.
LUA aura enfin un Conseil de paix et de sécurité, chargé des conflits, tout comme létait lorgane central de lOUA pour la prévention, la gestion et le règlement des conflits. Là, linspiration ne vient plus de lEurope, mais du Conseil de sécurité Nations Unies.
Le Conseil aura 15 membres, trois par région africaine. Dix seront élus pour un mandat de deux ans, cinq pour un mandat de trois ans, renouvelable. Mais les vote des états-membres aura un poids égal, il ny aura pas de droit de veto.
Au total, lUA doit créer dans les prochains mois, ou années, 17 organes.
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