N° 253
du 30/07/2002

UA (Union Africaine)


L' OUA n’est plus, vive l’Union africaine

LUnion africaine (UA) a été lancée le 9 juillet à Durban, en Afrique du Sud, entre discours porteurs d’espoirs d’unité et de paix pour un continent misérable, danses zouloues et parades militaires.
“C’est un pas de géant”, a déclaré le président sud-africain Thabo Mbeki, hôte du sommet et en charge de la présidence de l’UA.
En ouverture de la première session, quelques 50 Chefs d’Etat et de gouvernement présents ont rapidement adopté les quatre organes-clés constitutifs de l’Union.
Conférence des Chefs d’Etat, Commission remplaçant le secrétariat général mais avec des pouvoirs élargis, Conseil exécutif et comité des représentants permanents (ambassadeurs) constituent l’assise de la nouvelle Union.
13 autres organes sont prévus, dont un Parlement panafricain, une Cour de Justice, une Banque centrale et un Conseil de Paix et Sécurité pour gérer les crises.
D’emblée, une première passe d’armes s’est produite lorsque le président sénégalais Abdoulaye Wade a tenté d’ouvrir un débat public sur l’épineuse question de l’absence de Madagascar à Durban, qui divise l’UA.
Le président mozambicain Joaquim Chissano, puis son homologue sud-africain, lui ont répondu que les débats sur les conflits se régleront plus tard, à huis clos, comme au temps de la vénérable OUA.
Les chefs d’Etat ont assisté au King’s Park Stadium à une cérémonie publique marquant le lancement de l’Union. 25.000 Sud-Africains présents ont réservé à Nelson Mandela une formidable ovation à son arrivée.
“Les Africains doivent être unis pour que les populations du continent connaissent une meilleure vie”, a lancé Thabo Mbeki, avant d’être relayé par les représentants des cinq régions.
Parmi eux, le chef d’Etat kényan Daniel arap Moï, et son homologue togolais Gnassingbé Eyadéma ont salué le concept de “bonne gouvernance” voué à être davantage soutenu par la nouvelle Union, même si en plus de 20 ans de pouvoir chacun, les deux présidents ont donné peu de signes de volonté démocratique.
“C’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle”, a déclaré le président Eyadéma.
Ce n’est d’ailleurs pas l’un des moindres paradoxes que d’assister à la naissance d’un nouveau concept sous l’égide de “vieux parrains” appartenant depuis longtemps à un club peu soucieux d’alternance politique.
Tel le colonel Mouammar Kadhafi qui s’est enflammé, poing levé, en déclarant aux Africains qu’ils “étaient libres”.
Seul, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a averti dès lundi les Africains qu’il va falloir “fournir des efforts et avoir une volonté de fer” pour donner une réelle substance à l’Union, et favoriser l’intégration du continent.
Au jour de l’actualité malgache, mais aussi zambienne ou zimbabwéenne, il a tenu à rappeler la nécessité d’un fonctionnement démocratique dans les processus électoraux.

Sommaire UA

Sommaire ARCHIVE