- LUnion africaine (UA) a été lancée le 9 juillet à Durban, en Afrique du Sud, entre discours porteurs despoirs dunité et de paix pour un continent misérable, danses zouloues et parades militaires.
Cest un pas de géant, a déclaré le président sud-africain Thabo Mbeki, hôte du sommet et en charge de la présidence de lUA.
En ouverture de la première session, quelques 50 Chefs dEtat et de gouvernement présents ont rapidement adopté les quatre organes-clés constitutifs de lUnion.
Conférence des Chefs dEtat, Commission remplaçant le secrétariat général mais avec des pouvoirs élargis, Conseil exécutif et comité des représentants permanents (ambassadeurs) constituent lassise de la nouvelle Union.
13 autres organes sont prévus, dont un Parlement panafricain, une Cour de Justice, une Banque centrale et un Conseil de Paix et Sécurité pour gérer les crises.
Demblée, une première passe darmes sest produite lorsque le président sénégalais Abdoulaye Wade a tenté douvrir un débat public sur lépineuse question de labsence de Madagascar à Durban, qui divise lUA.
Le président mozambicain Joaquim Chissano, puis son homologue sud-africain, lui ont répondu que les débats sur les conflits se régleront plus tard, à huis clos, comme au temps de la vénérable OUA.
Les chefs dEtat ont assisté au Kings Park Stadium à une cérémonie publique marquant le lancement de lUnion. 25.000 Sud-Africains présents ont réservé à Nelson Mandela une formidable ovation à son arrivée.
Les Africains doivent être unis pour que les populations du continent connaissent une meilleure vie, a lancé Thabo Mbeki, avant dêtre relayé par les représentants des cinq régions.
Parmi eux, le chef dEtat kényan Daniel arap Moï, et son homologue togolais Gnassingbé Eyadéma ont salué le concept de bonne gouvernance voué à être davantage soutenu par la nouvelle Union, même si en plus de 20 ans de pouvoir chacun, les deux présidents ont donné peu de signes de volonté démocratique.
Cest au bout de lancienne corde quon tisse la nouvelle, a déclaré le président Eyadéma.
Ce nest dailleurs pas lun des moindres paradoxes que dassister à la naissance dun nouveau concept sous légide de vieux parrains appartenant depuis longtemps à un club peu soucieux dalternance politique.
Tel le colonel Mouammar Kadhafi qui sest enflammé, poing levé, en déclarant aux Africains quils étaient libres.
Seul, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a averti dès lundi les Africains quil va falloir fournir des efforts et avoir une volonté de fer pour donner une réelle substance à lUnion, et favoriser lintégration du continent.
Au jour de lactualité malgache, mais aussi zambienne ou zimbabwéenne, il a tenu à rappeler la nécessité dun fonctionnement démocratique dans les processus électoraux.
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