- Lancien président malien, Alpha Oumar Konaré, élu à la présidence de la Commission, lexécutif de lUnion africaine, par les chefs dEtat de lUA réunis en sommet à Maputo, se définit comme un panafricaniste convaincu. Intellectuel et instruit - ce qui nest pas lapanage de tous les chefs dEtat - «Alpha», comme on lappelle à Bamako, attire dordinaire davantage les louanges que les critiques. Du moins hors de son pays, le Mali.
Les résultats de la dernière présidentielle de juillet 2002 au Mali montre à lenvi que lhomme dEtat na guère convaincu ses concitoyens en quittant le pouvoir avec un bilan très modeste. Le candidat de son parti, lADEMA, sest largement fait battre par Amadou Toumani Touré, et, fait notable, pendant la campagne électorale, bien peu se sont prévalus davoir le «soutien» dAlpha.
Lhomme a toutefois le mérite de ne pas sêtre accroché au pouvoir comme la plupart de ses pairs sur le continent. Et cest si rare que cela lui permettra peut-être davoir du «poids» vis à vis des autres présidents, encore et toujours en exercice.
Dès les années 60, Alpha Oumar Konaré a été «subjugué» par les idées du père de lindépendance malienne Modibo Kéita, pour qui il a, pendant ses dix ans au pouvoir, érigé un imposant mémorial à Bamako.
«Jétais étudiant, puis professeur stagiaire à Bamako, et la vision quavait le président Modibo de lAfrique nous inspirait profondément», a affirmé à la presse celui qui, en 1992, deviendra président démocratiquement élu du Mali, un an après la chute du général Moussa Traoré.
Réélu président en 1997, il ne sest pas représenté à la présidentielle de 2002, respectant en cela les termes de la Constitution limitant à deux le nombre de mandats à la magistrature suprême.
Konaré, au parcours relativement atypique pour un chef de lEtat africain, tour à tour professeur, journaliste, libraire, passe pour un homme de convictions.
Véritable boîte à idées, auteur dune dizaine douvrages, M. Konaré, titulaire dun doctorat-ès-lettres (spécialité archéologie) de luniversité de Varsovie, a toujours eu deux fers au feu: la politique et la culture. Son épouse Adama Ba Konaré est historienne comme lui.
Ephémère ministre de 1978 à 198O, il a aussi assumé pendant deux ans (1999-2000) les fonctions de président en exercice de la Communauté économique des Etats de lAfrique de louest (CEDEAO) et de lUnion économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). A ce poste, se souvient un actuel ministre, «Alpha, pour faire avancer la cause de lUnion africaine, a pris un avion-taxi pour visiter en moins dune semaine tous les pays de la CEDEAO», qui en compte 15.
«Homme de gauche», M. Konaré aura réussi durant son mandat à la tête de lEtat malien à sentendre à la fois avec la France, la Libye et les Américains.
Pour asseoir son autorité sur ses pairs pendant son mandat de quatre ans, Konaré devrait compter sur lappui des poids lourds du continent comme lAfrique du Sud et le Nigeria, qui lont choisi, au grand dam de certains chefs dEtat dAfrique centrale.
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