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N° 274
du 16/07/2003

UA (Union Africaine)


Alpha Oumar Konaré
Plus apprécié à l’étranger que chez lui

L’ancien président malien, Alpha Oumar Konaré, élu à la présidence de la Commission, l’exécutif de l’Union africaine, par les chefs d’Etat de l’UA réunis en sommet à Maputo, se définit comme un panafricaniste convaincu. Intellectuel et instruit - ce qui n’est pas l’apanage de tous les chefs d’Etat - «Alpha», comme on l’appelle à Bamako, attire d’ordinaire davantage les louanges que les critiques. Du moins hors de son pays, le Mali.
Les résultats de la dernière présidentielle de juillet 2002 au Mali montre à l’envi que l’homme d’Etat n’a guère convaincu ses concitoyens en quittant le pouvoir avec un bilan très modeste. Le candidat de son parti, l’ADEMA, s’est largement fait battre par Amadou Toumani Touré, et, fait notable, pendant la campagne électorale, bien peu se sont prévalus d’avoir le «soutien» d’Alpha.
L’homme a toutefois le mérite de ne pas s’être accroché au pouvoir comme la plupart de ses pairs sur le continent. Et c’est si rare que cela lui permettra peut-être d’avoir du «poids» vis à vis des autres présidents, encore et toujours en exercice.

Dès les années 60, Alpha Oumar Konaré a été «subjugué» par les idées du père de l’indépendance malienne Modibo Kéita, pour qui il a, pendant ses dix ans au pouvoir, érigé un imposant mémorial à Bamako.
«J’étais étudiant, puis professeur stagiaire à Bamako, et la vision qu’avait le président Modibo de l’Afrique nous inspirait profondément», a affirmé à la presse celui qui, en 1992, deviendra président démocratiquement élu du Mali, un an après la chute du général Moussa Traoré.
Réélu président en 1997, il ne s’est pas représenté à la présidentielle de 2002, respectant en cela les termes de la Constitution limitant à deux le nombre de mandats à la magistrature suprême.
Konaré, au parcours relativement atypique pour un chef de l’Etat africain, tour à tour professeur, journaliste, libraire, passe pour un homme de convictions.
Véritable boîte à idées, auteur d’une dizaine d’ouvrages, M. Konaré, titulaire d’un doctorat-ès-lettres (spécialité archéologie) de l’université de Varsovie, a toujours eu deux fers au feu: la politique et la culture. Son épouse Adama Ba Konaré est historienne comme lui.

Ephémère ministre de 1978 à 198O, il a aussi assumé pendant deux ans (1999-2000) les fonctions de président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). A ce poste, se souvient un actuel ministre, «Alpha, pour faire avancer la cause de l’Union africaine, a pris un avion-taxi pour visiter en moins d’une semaine tous les pays de la CEDEAO», qui en compte 15.
«Homme de gauche», M. Konaré aura réussi durant son mandat à la tête de l’Etat malien à s’entendre à la fois avec la France, la Libye et les Américains.
Pour asseoir son autorité sur ses pairs pendant son mandat de quatre ans, Konaré devrait compter sur l’appui des poids lourds du continent comme l’Afrique du Sud et le Nigeria, qui l’ont choisi, au grand dam de certains chefs d’Etat d’Afrique centrale.

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