Près d’une vingtaine
de Noirs «étrangers» ont été massacrés
à la mi-janvier par des miliciens locaux dans le Grand Ouest ivoirien
en guise d’avertissement contre leur présence jugée
inopportune dans les plantations de cacao. Selon le colonel français
Jean-Pierre Palasset, commandant l’unité de l’opération
Licorne sur place, 18 Burkinabé, Guinéens et Boualés
ont été tués à coups de machettes ou de balles
de kalachnikov. Alan Bledoh, porte-parole des rebelles
ivoiriens du Front de libération du Grand Ouest (FLGO),
ces exécutions étaient un «avertissement». «Ces
attaques ont pour but de défendre les populations locales, mais comme
les Burkinabé se montraient menaçants et ne voulaient pas
laisser leur terre, on a voulu leur donner une leçon.»
Selon le colonel Palasset, les massacres, dans les hameaux de Zou, Kahin
and Pinhou, résulteraient d’une affaire de vol de graines de
cacao, mais ils participeraient plus généralement de l’hostilité
ethnique envers les immigrés travaillant dans les plantations locales.
«A Abidjan, les gens parlent de paix, alors que, dans l’Ouest,
c’est toujours la guerre. C’est pour cela que nous continuons
notre mouvement de défense de nos parents dans l’Ouest»,
a déclaré Bledoh dans le fief rebelle de Duekoué. |