N° 287
du 03/02/2004

 

Côte d'Ivoire

Massacre d’ «avertissement» aux Burkinabé dans l’Ouest ivoirien
Près d’une vingtaine de Noirs «étrangers» ont été massacrés à la mi-janvier par des miliciens locaux dans le Grand Ouest ivoirien en guise d’avertissement contre leur présence jugée inopportune dans les plantations de cacao. Selon le colonel français Jean-Pierre Palasset, commandant l’unité de l’opération Licorne sur place, 18 Burkinabé, Guinéens et Boualés ont été tués à coups de machettes ou de balles de kalachnikov. Alan Bledoh, porte-parole des rebelles ivoiriens du Front de libération du Grand Ouest (FLGO), ces exécutions étaient un «avertissement». «Ces attaques ont pour but de défendre les populations locales, mais comme les Burkinabé se montraient menaçants et ne voulaient pas laisser leur terre, on a voulu leur donner une leçon.»
Selon le colonel Palasset, les massacres, dans les hameaux de Zou, Kahin and Pinhou, résulteraient d’une affaire de vol de graines de cacao, mais ils participeraient plus généralement de l’hostilité ethnique envers les immigrés travaillant dans les plantations locales. «A Abidjan, les gens parlent de paix, alors que, dans l’Ouest, c’est toujours la guerre. C’est pour cela que nous continuons notre mouvement de défense de nos parents dans l’Ouest», a déclaré Bledoh dans le fief rebelle de Duekoué.

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