- Le général
Lansana Conté, 67 ans, est au pouvoir en
Guinée depuis le coup d'Etat militaire du 3 avril
1984 et se définit comme un paysan et un soldat,
venu à la politique malgré lui.
- Né en 1934 à Moussayah Loumbaya
(région de Dubréka, non loin de Conakry),
fils de paysans de l'ethnie minoritaire des Soussous,
Lansana Conté a été "enfant de
troupe" et a suivi ses études en Côte
d'Ivoire et au Sénégal.
- Incorporé en 1955 et envoyé en
Algérie, il quitte l'armée française
avec le grade de sergent à l'indépendance
de la Guinée, en 1958.
- Dans la nouvelle armée guinéenne, il
gravit les échelons, devenant capitaine en 1971,
puis commandant de la région militaire de
Boké (nord-ouest), près de la
frontière avec la Guinée-Bissau et le
Sénégal.
- Il participe alors à la guerre de
libération que le parti africain pour
l'indépendance de la Guinée-Bissau et du
Cap Vert (PAIGC) mène contre les
Portugais. Officier rigoureux et intègre, il est
nommé en 1975 chef d'état-major adjoint de
l'armée de terre guinéenne.
- Le 3 avril 1984, une semaine après la mort
de Sékou Touré, un Comité
militaire de redressement national (CMRN) prend le
pouvoir et le porte à sa tête. Le colonel
Conté devient chef de l'Etat, uniquement parce
qu'il occupe le plus haut rang de la hiérarchie
militaire.
- Alors que la Guinée n'a connu pendant 26 ans
qu'un régime à économie
centralisée, Lansana Conté, promu
général en 1985, opte immédiatement
pour le libéralisme économique.
- En juillet 1985, il surmonte une tentative de putsch
et sera confronté une dizaine d'années plus
tard, en février 1996, à un nouveau
soulèvement d'une partie de l'armée.
- Ces deux coups d'Etat lui ont permis d'évincer
la plupart des officiers et sous-officiers d'ethnies
malinke.
- En 1992, cédant aux pressions de l'opinion
guinéenne comme de la communauté
internationale, il consent à des réformes
politiques et légalise le multipartisme.
- Sous ce "nouveau régime", il est élu
président de la République en 1993 pour un
premier mandat de cinq ans, après avoir fait
annuler le vote dans les régions favorables
à l'un des ses opposants, Alpha Condé. Il
est réélu en décembre 1998,
après un scrutins contesté par
l'opposition, mais qui avait pleinement "satisfait"
l'ambassadeur de France de l'époque, venu
féliciter le président de sa victoire,
avant même que les résultats ne soient
connus.
-
- Les amendements constitutionnels soumis au
référendum visent à prolonger le
mandat présidentiel de cinq à sept ans,
à supprimer la limite d'âge pour son
titulaire (jusqu'alors fixée à 70 ans) et a
permettre un nombre illimité de mandats (pas plus
de deux dans la constitution actuellement en vigueur).
Autant dire comme l'opposition que se pointe à
l'horizon une "présidence à vie".
-
- Lansana Conté n'a cure des critiques. Il
affirme avoir accepté l'organisation de ce
référendum sous la pression de ses amis et
de son peuple. Nul n'ignore, y compris dans les
ambassades, que cette
"opération-référendum" a
été orchestrée par le
ministère de l'Administration territoriale, qui
pendant des semaines, par le biais d'associations et
autres comités de soutien au président, a
fait "réclamer" par le peuple ces amendements
constitutionnels. D'ailleurs, ce n'est pas le Parti de
l'Unité et du Progrès (PUP), le
parti du président Conté, qui a mené
campagne, mais principalement l'administration, aucun
temps d'antenne n'ayant été alloué
aux partis politiques dans l'audiovisuel public.
- Resté militaire et paysan dans l'âme, il
se moque d'être taxé d'autoritarisme et de
rigidité vis-à-vis de l'opposition.
- Malgré de nombreuses pressions, il n'avait
libéré l'opposant, Alpha Condé,
arrêté après la présidentielle
de 1998, qu'en mai dernier, après deux ans et demi
de prison pour un motif - atteinte à la
sûreté de l'Etat- qui n'avait convaincu
aucun observateur.
- Parallèlement, en janvier dernier, alors que
le sud de la Guinée, frontalier du Liberia et de
la Sierra Leone, était en proie à de
violents combats, il avait supprimé le poste de
ministre de la Défense, prenant lui-même les
choses en main. Aujourd'hui, il se targue d'avoir
bouté les "rebelles" hors de la Guinée, en
oubliant que lui-même a accueilli et accueille
encore sans doute, les rebelles libériens, qui
tentent de renverser le régime de Charles Taylor.
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