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Un groupe dextrémistes de droite, inconnu jusquà présent et sidentifiant comme les Combattants de la nation Boer, a revendiqué les attentats à la bombe qui ont fait un mort et un blessé à Soweto, près de Johannesburg, dans la nuit du 29 au 30 octobre. Nous déclarons que ces attaques sont le commencement de la fin du gouvernement du Congrès national africain (ANC, au pouvoir) et nous acceptons lentière responsabilité de ces actes, a déclaré ce groupe dans une lettre publiée le 11/11/02 par le quotidien en afrikaans Beeld. Le groupe revendique aussi la paternité dun attentat manqué, le même jour, dans un temple bouddhiste proche de la capitale administrative, Pretoria.
Le message, reçu par e-mail et signé dun écusson noir et rouge avec deux anciens drapeaux vert, rouge, blanc et bleu de la République boer, autour dune épée et dun bouclier flanqués du texte Les combattants de la nation Boer, est rédigé en afrikaans, la langue dérivée des immigrants néerlandais et des protestants français arrivés dans la région au 17e siècle.
La lettre cite une devise: Ne rien craindre, être fort, avoir du courage.
La république Boer, établie par les Afrikaners au milieu du 19e siècle, a été défaite à lissue dâpres conflits avec les Britanniques entre 1880 et 1902.
Une porte-parole de la police a indiqué lundi que la lettre de revendication était prise très au sérieux et que son authenticité était en cours de vérification.
Lorganisation a demandé également dans sa lettre la libération de 35 membres de lextrême droite détenus, dont 18 sont accusés de complot visant à renverser le gouvernement.
Rappel : dans la nuit du 29 au 30 octobre, neuf explosions à la bombe avaient visé, dans le quartier populaire à majorité noire de Soweto, au sud-ouest de Johannesburg, une mosquée et des points névralgiques de communications, tels que des stations ferroviaires, des arrêts de bus et des voies de chemin de fer.
Une femme avait été tuée dans son sommeil par un tronçon de rail projeté par une explosion et son compagnon avait été blessé.
Lattentat manqué contre un temple bouddhiste sétait produit à Bronkhorstspruit, à lest de Pretoria, où seul le détonateur dune charge dexplosifs de 10 kilos avait fait feu, blessant légèrement deux personnes. Les bombes de Soweto étaient confectionnées à base de nitrate dammonium, une substance à usage industriel utilisée dans lindustrie minière.
La police a publié les photographies de six suspects recherchés pour les explosions de Soweto, tous des hommes blancs, quelle a dit appartenir à lorganisation dextrême droite de mouvance paysanne Boeremag.
Ce groupe est accusé de complot contre lEtat visant à renverser le gouvernement et à chasser dAfrique du Sud tous les noirs et les gens de couleur. Lun des suspects peut avec certitude, sur la base dempreintes digitales, être directement impliqué dans les explosions, a précisé la police. Les six hommes dont les photos ont été publiées sont trois fermiers de Bela-Bela, à 100 kilomètres au nord de Pretoria, -Herman van Rooyen, 28 ans, Gerhardus Visagie, 63 ans, et Jan Rudolf Gouws, 25 ans- et trois frères, Johan, Kobus et Wilhelm Pretorius, fils dun médecin de la province du Limpopo (nord) qui avait été arrêté en septembre lors de la saisie dun camion rempli de munitions et dexplosifs à Lichtenburg, à louest de Pretoria.
Lun des dirigeants de lorganisation Boeremag, arrêté à Pretoria, a comparu en justice et la date de son jugement a été fixée au 19 mai 2003. Thomas Vogel (Tom) Vorster, 52 ans, présumé être lun des trois dirigeants du mouvement Boeremag, est soupçonné de haute trahison, terrorisme et sabotage, mais il na pas encore été formellement inculpé.
Il sera jugé à partir du 19 mai avec 17 membres de lorganisation dextrême droite déjà arrêtés dans le cadre dune enquête lancée depuis avril dernier. Un mandat darrêt avait été lancé contre Tom Vorster en août dernier.
Sally de beer, porte-parole de la police, na pas lié larrestation de Vorster aux attentats de Soweto, mais a souligné que toutes les pistes seront explorées.
Selon la police Tom Vorster, un ancien membre de larmée sud-africaine, aurait été élu membre dun triumvirat à la tête de Boeremag lors dun meeting clandestin de lorganisation en janvier dernier.
La police saisit armes et explosifs
La police a saisi le 20/11 des armes et des explosifs lors de deux opérations dans le nord-ouest et le sud-est du pays, troisième coup dimportance porté en deux mois à la capacité des réseaux dextrémistes blancs de droite. 26 engins explosifs artisanaux, semblables à 16 autres saisis début octobre à Modimolle (nord de Pretoria), ont été découverts dans un champ de Keimoes près dUpington, dans la province du Cap Nord (nord-ouest). Dans une autre opération menée à Umtata (province du Cap oriental), la police a arrêté dans sa ferme un ancien membre des forces de défense, saisissant un petit arsenal comprenant fusils dassaut R4 et AK 47 et plusieurs centaines de cartouches. Ces saisies de la police, résultat des renseignements sur plusieurs mois denquête cumulée depuis la découverte du réseau en début dannée, signalent un coup daccélérateur des enquêteurs depuis les bombes de Soweto.
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